Centrafrique:‘‘ LE JOURNAL LE CONFIDENT’’, VICTIME DE LA SELEKA

LeConfident
Le signe d’espoir pour le peuple Centrafricain suscité par l’entrée des troupes de la coalition Séléka dans la capitale centrafricaine le dimanche 24 mars 2013, est devenu pour le Journal ‘‘ Le Confident’’ véritable cauchemar et un signe de désespoir.

Tous les équipements de fabrication du journal (ordinateurs, risographes et accessoires), tous les matériels de reportage (dictaphone, appareils photos) ainsi que des mobiliers de bureau ont été emportés au cours de plusieurs passages des combattants de la coalition Séléka au siège du journal situé derrière le Building Administratif.

Des dégâts harmonieusement réalisés

Le premier passage a eu lieu le dimanche 24 mars 2013 à 14h00. Faisant irruption devant la concession, des hommes fortement armés sont descendus du véhicule et sans demander leur reste, ils ont brisé la porte principale avec un tir d’AK 47.

A l’intérieur du bâtiment, ils se sont mis à arracher les fils de branchement des appareils en se les disputant. En fouillant la salle de rédaction, ils ont tout renversé (journaux papiers) dans un désordre indescriptible. La seconde journée, le lundi 25 mars 2013, les mêmes hommes en armes sont encore revenus, cette fois avec une forte détermination.

Ils ont pointé le gardien et l’imprimeur présent pour leur réclamer de l’argent. Les hommes en armes sont ensuite repartis à l’assaut du bâtiment, cette fois avec la ferme volonté de visiter bureau par bureau. C’était aux environs de 11h00. Le directeur de publication du journal, M. Mathurin Constant Nestor Momet, alerté des incidents, se déporte personnellement sur les lieux. A son arrivée, il surprend un élément armé qui était en train de fouiller de fond en comble le bureau du gestionnaire du Journal.

Le directeur de publication prend aussitôt un colonel de la coalition Séléka, qui se déporte avec des hommes sur les lieux de l’incident dans un véhicule de la gendarmerie nationale. M. Momet et deux de ses collaborateurs sont envoyés à Radio Centrafrique pour un compte rendu au général Arda. A leur retour pour une ultime vérification, ils constatent que même un ‘‘ risographe’’ d’impression a été emporté.

Le Confident ne fait que son travail

Ce qui est advenu au journal Le Confident ne peut se comprendre pour plusieurs raisons. Ce journal a été le premier organe de presse à annoncer la création de l’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR) en septembre 2006. L’UFDR est née de la fusion de trois mouvements rebelles du nord-est du pays, avec Michel Am Nondroko Djotodjia, Abakar Sabone et le Commandant Hassan.

Cette annonce a failli conduire son directeur de publication sous les verrous. La publication d’une interview exclusive du capitaine Abakar Sabone, à l’époque porte-parole de l’UFDR n’a pas crée moins d’ennuis au journal, qui n’était qu’en quête d’informations pour son public et qui ne faisait que son travail.

Lors du séjour des leaders de l’UFDR au Benin et même durant leur incarcération, le directeur de publication du Journal Le Confident ne cessait de relayer leurs difficultés pour l’information du public centrafricain.

Les leaders de l’UFDR, n’ont pas été les seuls dans la future coalition Séléka à faire l’objet de parutions régulières dans le Journal, qui aujourd’hui est victime des combattants de Séléka. Les difficultés du général Mohamed Moussa Dhaffane à Ndjamena au Tchad ont été régulièrement relayées.

Le Journal a même été le premier organe à faire état de la création de la coalition Séléka composée de la CPJP-Fondamental de Nouredine Adam, de la CPSK du général Moussa Dhaffane, de l’UFDR de M. Michel Djotodjia Am Nondroko.

Une institution de la démocratie

Malgré que Le Confident n’ait voulu faire que son travail d’investigation et de journaliste dans la neutralité la plus totale, il est victime d’une agression qui ne dit pas son nom. L’éthique journaliste recommande le b-à-ba de la profession et le respect de l’éthique professionnelle. La clarté, la précision et l’équilibre sont les principes vers lesquels Le Confident a voulu à tout le monde, même aux forces rebelles.

Aujourd’hui, pour le respect des principes éthiques et du Code de déontologie professionnelle, Le Confident semble avoir été payé en monnaie de singe. Le Confident, dans le cadre de la démocratie, se considère comme une institution de la démocratie centrafricaine. Ce qui lui est arrivé peut-il être mis sur le compte d’une bavure des éléments incontrôlés ? Difficile à dire.

Est-ce voulu par ceux qui ont essayé en vain de faire taire un organe qui dit la vérité et qui dérange ? Peut-être. Mais ceux qui ont prédit trop vite la mort du Journal Le Confident en s’en prenant à ses installations sont allés très vite en besogne. De ces hypothèses réalistes, l’avenir seul sera témoin.

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